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 [A RANGER] cinéma : à voir ou éviter en ce moment

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DiBingo

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MessageSujet: Re: [A RANGER] cinéma : à voir ou éviter en ce moment   Dim 21 Mai 2017 - 12:56

La bande annonce est impressionnante :

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cinéphile averti
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MessageSujet: "Rodin" versus "Camille Claudel"   Dim 4 Juin 2017 - 2:24

J'aime bien les arts plastiques et Vincent Lindon, j'ai donc été le voir dans "Rodin", de Jacques Doillon.
Ce n'était pas une erreur mais bof, c'est surtout pour Lindon que je mets la moyenne à ce film trop laborieusement didactique : certes, l'asservissement à son art d'un créateur de génie, la solitude affective dans laquelle il s'enferme (peut-être à force de s'appuyer trop prioritairement sur deux de ses sens pour appréhender le monde et ses semblables), son égotisme un peu naïf, son caractère avant-gardiste et sa place dans le microcosme artistique et culturel de la fin du 19°, son ambiguïté même dans la mesure où il veut un statut social en même temps qu'il revendique sa sincérité, tout cela transparaît grâce à la prestation de Lindon, toujours aussi physique, animal, taiseux et investi. Il a de l'allure et réussit à me convaincre en Rodin, mais je dois dire que je m'attendais à vibrer plus, à entrer en émotion, après l'avoir écouté lors de ses prestations de promo sur les médias. Face à lui, I.Higelin incarne Camille Claudel dans un portrait à charge, mais elle peine à crever l'écran autant qu'Adjani a pu le faire dans le rôle du même personnage, plus de deux décennies auparavant. C'est d'ailleurs intéressant pour moi, on s'en doute, de comparer ma réaction aux deux visions, presque symétriquement contraires, qu'ont cherché à creuser d'une part Jacques Doillon (aujourd'hui) avec son Rodin/Lindon en mettant l'accent sur l'oeuvre du maître, et d'autre part Bruno Nuytten (au siècle dernier puisque c'était en 1986 !) avec sa Camille Claudel/Adjani en focalisant sur l'oeuvre de l'élève ! Grâce à Lindon, aujourd'hui j'ai été intéressé par "Rodin", alors que "Camille Claudel" avec Adjani, il y a un bail, m'avait impressionné, sinon bouleversé. Selon moi donc, ce film n'est pas ennuyeux, il est même esthétique pour les spectateurs sensibles aux arts plastiques. Pour les autres, j'ai des doutes...
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djdan

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MessageSujet: Re: [A RANGER] cinéma : à voir ou éviter en ce moment   Jeu 8 Juin 2017 - 6:58

En effet un Rodin aseptisé, où je trouve même Lindon ramer pour porter le film.....

À l'opposé allez voir "Django" avec un Reda Kateb remarquable d'émotions, film engagé et rare sur le génocide tzigane lors de la seconde guerre mondiale.

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cinéphile averti
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MessageSujet: Re: [A RANGER] cinéma : à voir ou éviter en ce moment   Ven 9 Juin 2017 - 18:59

@djdan a écrit:
En effet un Rodin aseptisé, où je trouve même Lindon ramer pour porter le film.....

À l'opposé allez voir "Django" avec un Reda Kateb remarquable d'émotions, film engagé et rare sur le génocide tzigane lors de la seconde guerre mondiale.


Je plussoie. Euh en fait j'ai déjà plussoyé, puisque j'en ai parlé sur cette rubrique (page 7) Clin d'oeil
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MessageSujet: Docu en noir-et-blanc dominant    Mar 25 Juil 2017 - 13:19

Un film que j'avais laissé passer à sa sortie début Juin je crois, et que mon cinoche local proposait à retardement hier : "I'm not your negroe", de Raoul Peck. A voir absolument !
Raoul Peck nous en met plein la vue et les oreilles et signe là un docu essentiel.
Plein la vue en nous exposant, par thématiques abordées en chapitres, la vision de James Baldwin sur son pays si... haimé... qu'il l'a fui une bonne partie de sa vie pour tenir la peur à distance. Peck nous livre donc, en l'illustrant magistralement, la vision dont Baldwin, intellectuel noir et homo assumé, avait commencé à faire à la fin de sa vie un livre qu'il n'a pas eu le temps de finir. Vision sans concession, pointue comme le stylet d'un graveur visionnaire extra-lucide, vision amère-amour, chargée à bloc d'émotion contenue et maîtrisée, exprimée en mots précis qui font mouche au fil de l'histoire des 3M (M.Evers, Malcom.X et M.L.King qui marquèrent à en mourir la lutte pour l'égalité raciale).
Oui le blanc a peur du noir qu'il a asservi et c'est sa peur inavouée, refoulée, qui sous-tend sa violence, autant d'ailleurs qu'elle sous-tend son négationnisme (la nation des rois du monde se croit l'exemple de la démocratie mais elle tolère des svastikas brandies par de jeunes blancs conspuant leurs concitoyens noirs manifestants dans les années 60/70).
Entre les noirs-et-blancs parfois jaillissent, comme des éclairs d'espérance trop brefs, des séquences d'images colorées souvent flashies, symboles outranciers du consumérisme narcotique à mesure qu'on s'avance vers le présent, jusqu'à Obama, le dernier des espoirs déçus ... Oui l'homme noir autant que l'homme blanc a produit les USA, il a sa place à la table du partage, oui il doit peser sur le bilan.
Enfin bref, ces évidences vont de soi mais ça fait pas de mal de se les entendre répéter, quitte à frémir d'indignation au spectacle régulier des exactions policières où, à la fin du docu, à une ballade des pendus pas vraiment subliminale...
Plein la vue, donc, et plein les oreilles grâce à une bande son au cordeau où le blues des origines colle à l'image comme pour un duo de sorcellerie, ponctuant de loin en loin la diction de Joe Star pour la version française...
Un seul petit regret pour moi, qui ne suis pas assez anglophone mais suffisamment pour comprendre des morceaux de texte écrit : le défilement des sous-titres, rapide et collant bien au phrasé, me rendait indécis car j'essayais souvent de lire le texte original en écoutant la traduction que nous en disait J.Star, gymnastique dont j'aurais dû me dispenser pour mieux profiter de la musique des mots français, fort bien choisis. Mais je ne m'en prends qu'à moi-même, ça n'enlève rien à la puissance intrinsèque globale de ce moment d'intensité à la fin duquel ne me venait qu'un mot : Bravo !
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MessageSujet: retour au pays   Dim 30 Juil 2017 - 16:18

Grâce à C.Nolan, je me suis téléporté à "Dunkerque" mais le saut dans l'espace était décalé de quelques décennies, me transportant au début de la dernière boucherie industrielle mondiale, quand la perfide Albion chercha à rapatrier sa troupe lors de l'opération Dynamo, sur la plage de Dunkerque précisément.

Dans le registre de la superproduction à l'américaine, Christopher Nolan n'est pas un perdreau de l'année puisqu'il a signé des gros machins comme Batman, Inception, Interstellars... On est donc prévenus.
Chtimi ayant habité longtemps près de Dunkerque, à l'occasion d'un retour au pays j'ai pu voir de mes yeux le "maquillage" des sites choisis et l'ampleur des moyens mis en oeuvre sur le terrain par les techniciens décorateurs. J'étais donc curieux de me faire une idée du résultat sur grand écran. Un peu frustré j'ai été, à cause de la brièveté des scènes urbaines (en fait juste une intro de 5 à 10 min). Mais je n' ai rien à reprocher à leur rendu en matière de réalisme. On n'est pas dans "Il faut sauver le soldat Ryan", certes, mais ça sonne juste : trouant le silence des rues de Malo désertées, soudain des salves et les balles fusent derrière des sacs de sable entassés un peu partout. Sur les murs leurs impacts font froid dans le dos, la caméra accompagne un petit groupe de français en fuite, ils vont au tapis sans gloire à tour de rôle et quand il n'en reste qu'un l'ambiance est posée.
Celui qui reste, le paumé, le dégourdi qui sauve sa peau à l'instinct dans le grand barnum qui tourne mal, dans la tragique loterie du grand néant que les galonnés ont complètement foirée, celui-là improvise la peur au ventre. C'est son point de vue de fantassin de base que choisit surtout de nous montrer Nolan, et en cela il a bien raison. Pas de vedette ultra médiatique poussée en première ligne, pas d'héroïsme spectaculaire sur terre ou dans l'eau, juste la mort sale qui s'annonce. En l'air c'est différent : on a droit à quelques combats pas mal agencés, avec gros-plan sur le visage masqué d'un pilote exemplaire dans son spitfire. Il prend tous les risques pour envoyer ad patres les bombardiers légers ou les chasseurs mitraillant les milliers de fantassins en bas sur le sable, rangées de cibles attendant leur tour sur la plage pour monter dans les trop rares navires, ou pour crever sous la mitraille. On s'intéresse. On y croit. On frémit pour lui et pour eux.
Quand les centaines de petits rafiots civils, appelés à la rescousse depuis l'Angleterre, réussissent à prêter main-forte à la Navy, voire la remplacent pour rapatrier vaille que vaille leur quota de chair à canon, Churchill peut jubiler dans la presse et promettre du sang et des larmes, la manche est finie, la mer du nord traversée et nous on a une (petite) idée de ce qu'ont enduré nos aînés. Ca fait pas envie, c'est le moins qu'on puisse dire. En cela ce film, qui n'en fait pas trop dans la mise en scène de l'héroïsme (si on excepte la scène finale du spitfire en panne sèche, efficace mais un peu convenue), ce film remplit son rôle informatif : la grande histoire est toujours une somme de celle des petits...Plutôt réussi, disons.
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MessageSujet: Re: [A RANGER] cinéma : à voir ou éviter en ce moment   Dim 30 Juil 2017 - 20:15

Merci Christophe, Dunkerque m'attire bien ! Viens dans mes bras
De belles images qu'on s'y croirait !

A voir ! Excellent !
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